Moulin à vent

Le vin le plus fin du Beaujolais

Vin fin et élégant, le Moulin-à-Vent est riche de la combinaison subtile entre un terroir, un savoir-faire et le cépage de gamay.

CONTACT
Syndicat du cru
Moulin à vent
70, av. Edouard Herriot
71000 Mâcon
Tél. 03 85 203 800

BeaujolaisEn France, des moulins, il y en a un peu partout. Mais dans le Beaujolais, de moulin à vent, il n’y en a qu’un. Seul, unique, classé, mythique, vénéré presque, le moulin à vent qui trône entre Romanèche-Thorins et Chénas est un roman à lui tout seul. Porteur de symboles et de liens au terroir, il est le seul des dix crus du Beaujolais à ne pas être le nom d’un village. Evoquer Moulin-à-Vent, c’est déjà affirmer, un peu, sans doute, beaucoup que ce cru est
porteur des “vins les plus fins et les plus délicats” du Beaujolais (1832, dans la célèbre encyclopédie topographique de l’oenologue Jullien). Aujourd’hui encore l’appellation tire fierté de ses éloges passés qui ont bâti sa renommée dès le XVIIe siècle. Dès 1757, on retrouve trace de ce nom, alors que treize ans plus tard, un premier procès permet de valider le fait que sur ce terroir, on ne vinifie pas des vins de troisième ou quatrième catégorie. Ici, on vise l’excellence. Le moulin, longtemps privé de ses “ailes” est là pour le rappeler. Dans le célèbre film “Marathon Man”, une conversation est éloquente. A un des acteurs qui s’est senti assommé la veille par un vin de “Mouton”, son
homologue l’invite à goûter le raffinement absolu d’un Moulin-à-Vent.

UN SEUL CÉPAGE

Finesse et élégance sont les superlatifs qui semblent le mieux coller à cette appellation. Il est vrai qu’au-delà de la propre histoire du moulin qui, un beau jour, arrêta son travail de meunerie, ce terroir garde quelques parts de mystères. Son sol, c’est certain renferme des trésors de minerais, comme le manganèse, longtemps exploité dans la ville de Romanèche-Thorins. Oligo-élément et pigment naturel, il pourraitêtre un des éléments qui font toute l’originalité de ce vin dont le premier décret AOC date de 1936.

 

LES DIX CRUS DU BEAUJOLAIS

Au sein même de l’appellation générique Beaujolais sont rassemblés les Beaujolais, lesBeaujolais-Villages, les Beaujolais Nouveaux etles Beaujolais-Villages Nouveaux. En outre, il existe dix crus qui sont les ambassadeurs qualitatifs de cette grande région viticole: Brouilly, Chénas, Chiroubles, Côte de Brouilly, Fleurie, Juliénas, Morgon, Moulin à Vent, Régnié et Saint-Amour.

 

Trois vins à déguster

DOMAINE DE LA TOUR DU BIEF

Date de création : antérieure à 1650
Terroir : arènes granitiques désagrégées
Altitude : 290 m
Superficie : 20 ha
Macération : 10-12 jours Elevage en fûts de chêne.
Dégustation 2005 : une robe rubis profonde et lumineuse. Les arômes sont ceux de fruits noirs, myrtille, mûre et cassis, de chocolat, cerise confite et épices. Charnu et velouté, il s’exprime tout en finesse malgré sa puissance. Sa finale, très ample révèle des tannins bien présents mais souples. Accords mets et vins : boeuf bourguignon, chapon rôti, marcassin Température de service : 14°C

SÉLECTION GEORGES DUBOEUF

Date de création : 11/09/1936
Terroir : arènes granitiques désagrégées
Altitude : 290 m
Superficie : 670 ha
Macération : 10-15 jours
Dégustation 2005 : De couleur intense, sa robe oscille entre grenat sombre et rubis profond. La palette aromatique évoque en même temps la fleur et le fruit, avec une dominante violette soutenue par une note de cerise.
Tannique et charnu, subtilement épicé, il développe en bouche des saveurs complexes, mêlant finesse et harmonie, puissance et velours. Une longueur remarquable. Accords mets et vins : viandes rouges rôties ou en sauce, gibier de poil, plateau de fromages.
Température de service : 15-16°C

CLOS MOULIN À VENT

Date de création : 1853
Terroir : sol granitique
Altitude : 250 m
Superficie : 10 ha
Macération : 14-15 jours
Elevage en fûts de chêne : 25%
Dégustation 2003 : De couleur intense, la robe est d’une belle couleur grenat sombre. Les arômes évoquent les fruits noirs avec des notes confiturées. Tanique et charnu, subtilement épicé, ce Moulin- à- Vent développe en
bouche des saveurs complexes, mêlant finesse et harmonie. Il se caractérise par une longueur en bouche remarquable. Accords mets et vins : coq au vin, boeuf bourguignon, fromages affinés
Température de service : 15-16°C

Avec le gamay comme seul cépage (jusqu’en 2015, il est toléré du pinot noir dans la limite de 15%) et la vinification beaujolaise comme seule méthode, Moulin-à-Vent est un fier représentant de se région viticole. Même Don Quichotte n’est jamais venu guerroyer par ici. Sans doute savait-il que les vins de Moulin-à-Vent seraient vainqueurs.
L’abécédaire des vins de Moulin-à-Vent

AMPÉLOGRAPHIE

Les massifs cristallins, rattachés à la bordure orientale du Massif Central, proviennent du plissement hercynien (ère primaire). Le sol est peu profond, perméable, maigre et acide, composé de granit friable de couleur rose. Le sous-sol est riche en bioxide de manganèse. Sur l’ensemble de l’appellation, on distingue quinze “climats” (lieux-dits) qui sont les Carquelins, les Rouchaux, Champ de cour, en Morperay, les Burdelines, la Roche, la Delatte, les Bois Maréchaux, la Pierre, les Joies, Rochegrès, la Rochelle, Champagne, les Caves et les Vérillats.

UN CÉPAGE ROUGE

Le gamay : cépage mondialement connu et d’origine bourguignonne, il convient de préciser exactement “gamay noir à jus blanc” dont la densité moyenne varie de 10000 à 12000 pieds à l’hectare. Ses grappes petites à moyennes sont très compactes et les baies, elliptiques courtes, tirent sur le noir-violet. Taillé traditionnellement de façon courte et en “gobelet” à la fin de l’hiver, le pied de gamay assure des vendanges saines avec une maturité optimale et des rendements réguliers et modérés. Sur les vins jeunes, il permet de développer des arômes de types floral ou fruité. La note dominante est de la violette, discrète, soutenue par une flaveur de cerise. En vieillissant, la palette olfactive s’étoffe d’arômes de musc, de truffe, voire d’ambre gris.

LE CLIMAT

Tempéré, il subit, selon les périodes des prédominances continentale, méditerranéenne ou océanique. La pluviométrie moyenne s’établit à 750 mm et les écarts de températures demeurent importants (de -020°C à + 38°C). La pente des coteaux, tournée vers l’est et la Saône est un élément modérateur de régulation thermique et hydrique.

DÉGUSTATION

Généralement, les crus de“Moulin à vent” se boivent jeunes, développant des nez très floraux et fruités, mais certains crus peuvent vieillir, selon les années, jusqu’à dix ans. A ce moment là, ils offrent une palette odorante toujours aussi discrète mais enrichie de nombreux arômes comme la truffe, le musc de venaison ou l’ambre gris.

LA VINIFICATION

L’appellation “Moulin à vent” ne déroge pas à la règle qui prévaut en matière de vinification dans la région. Elle se fait à la mode beaujolaise (superposition de la vinification rouge classique et de la macération carbonique). Après la
cueillette, la vendange est rapidement acheminée et mise en cuve. Selon l’année, le jus est tiré et les raisins pressés après 5 à 10 jours de cuvaison. L’assemblage du jus de tire et du jus de presse donne le vin qui achèvera en cave sa fermentation.

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