Bergerac, La bastide du bon goût

Dans cette grande bastide du Périgord, l’art du bon vin est tout aussi légendaire que celui du bien manger.

CONTACT
CIVRB
1, rue des Récollets
24100 Bergerac
Tél. 05 53 63 57 51
Fax 05 53 63 01 30
www.vins-bergerac.fr

bergeracL’endroit fleure bon la gastronomie et le terroir. Aloses grillées, lamproies marinées dans leur sang additionné de vin rouge sur un lit de poireaux, gibiers aux cèpes, pigeonneaux à la truffe de Saint-Alvère, tout évoque un pays de
Dordogne connaisseur des meilleurs produits de la table. Plaisirs gourmands que l’on pratique ici à tout âge au milieu de commensaux qui savourent la bonne chère et, plus encore, le bon vin. Plantée dès l’époque romaine (sans doute au 1er siècle de notre ère), cette vigne omniprésente s’est enracinée avec la force de la passion. Sans doute, comme partout ailleurs en France, le temps des invasions a rendu ce lien au sol plus ténu, mais les ceps acclimatés à ce doux terroir bercé par les eaux de Dordogne et baigné par les influences océaniques ont perduré. Les premiers moines ont maintenu ce fil conducteur et l’arrivée de bénédictins en 1080 a redonné un élan à ce vénérable vignoble.
CHOIX
Dans cette vinothèque, nous avons choisi de n’aborder que les vins qui portent la mention Bergerac (sec, rosé, rouge, Côtes de Bergerac rouge et blanc). Le territoire bergeracois dans son ensemble étant trop vaste et nécessitant que l’on traite les autres appellations à part (Montravel, Côtes de Montravel, Haut-Montravel, Montravel Rouge, Pécharmant, Rosette, Monbazillac, Saussignac).

LE DÉBOUCHÉ ANGLAIS

Une vigueur qui prit un tournant étonnant avec la découverte fortuite du Botrytis Cinerea, la fameuse pourriture noble qui fait tout le charme des grands liquoreux et notamment ceux de Monbazillac. Délaissant leur vigne pour d’autres occupations a priori plus importantes, les moines ont donné l’occasionà la nature de dévoiler un de ses doux secrets car, refusant de laisser perdre leur récolte, ils ont ensuite découvert les vertus de la surmaturation.

Cette nouveauté vinicole aurait pu suffireà faire du vignoble bergeracois un terroir unique source de renommée, de commerce et d’échange. Mais au Moyen-Age, l’histoire de France s’écrivait au rythme des mariages. Celui d’Aliénor, la belle aquitaine, qui fut la seule femme à être mariée au roi de France puis au roi d’Angleterre, a changé le cours de l’Histoire. Anglaise pour trois siècles, la région obtint par la même quelques nouveaux débouchés et
des privilèges. Abonnés aux premières grandes exportations vers l’île britannique, les producteurs bordelais avaient la fâcheuse habitude de freiner l’exportation des autres tonneaux, qu’ils proviennent des vignobles de Gaillac, de Cahors, du pays de Brulhois ou de Bergerac. Aussi, désirant s’assurer la fidélité des Bergeracois, le roi Henri III d’Angleterre octroya de précieux privilèges à la cité installée en bord de Dordogne. Exemptés de la taxe bordelaise dite “prise des vins”, les vignerons de Bergerac prirent l’habitude de commercer avec le reste de l’Europe. Après l’Angleterre, la Hollande fut un énorme marché, de nombreuses cuvées recevant la“marque hollandaise”. Devenue fortement rémunératrice, cette activité viticole a profondément marqué les environs, l’homme taillant la vigne jusqu’à Brantôme, Domme ou Excideuil. Avec la crise du phylloxera et l’exode rural, le vignoble de Bergerac perdit plus de 4/5e de sa surface. Une mutation qui a été mise à profit pour soigner ce que les Bergeracois savent le mieux faire : du bon vin. La seule liste des appellations des vins de Bergerac (pas moins de 13 appellations, toutes en AOC) suffirait à prouver le talent de ces fiers vignerons. Mettre son nez dans les arômes complexes de ces vins aux personnalités si différentes et si affirmées est encore plus fort. Ils sauront accompagner tous les mets dressés sur les bonnes tables.

L’ABECEDAIRE DES VINS DE BERGERAC

LES CÉPAGES BLANCS

La muscadelle : cépage capricieux, il donne des vins doux, capiteux, souvent peu acides. Idéal en complément des deux autres cépages phares., il peut aussi se révéler seul avec des arômes floraux superbes et une belle fraîcheur.
L’ugni- blanc : bien connu dans tout le sud de la France, ce cépage d’origine italienne donne des vins jaunes pâles, secs et assez nerveux. Sa proportion ne peut pas dépasser 25%.
Le sémillon : donne des vins d’un beau jaune doré. S’il manque parfois un peu d’acidité, il est par contre le completement idéal du sauvignon et apporte du gras, de la chair et beaucoup d’arômes. C’est le cépage principal des grands liquoreux.
Le sauvignon : ce cépage noble offre une remarquable gamme d’arômes. Il est majoritaire et doit toujours être au moins à quantité égale avec l’ugni-blanc.

LES CÉPAGES ROUGES

Le cabernet-sauvignon : donne des vins colorés, tanniques, demandant à vieillir.
Le cabernet franc : donne un vin de qualité, parfumé, très aromatique, moins coloré et au vieillissement plus rapide que le cabernet-sauvignon.
Le merlot : à son intensité colorante, il faut ajouter aux propriétés de ce grand cépage bordelais la capacité à donner de la délicatesse et de la légèreté. Il apporte ici sa plus belle expression (pratiquement la moitié de l’encépagement).
Le cot (ou malbec) : précoce et fragile est originaire du Sud-Ouest. Il donne au vin un côté très fruité, coloré et riche en tannins (moins de 3% de l’encépagement).

DÉGUSTATION

Bergerac secs : la part de plus en plus croissante du sauvignon donne des vins peu colorés et brillants. Frais, bouquetés, ils possèdent une attaque nerveuse et une bonne longueur en bouche.
Bergerac moelleux : remarquables de fraîcheur et de rondeur, ces “vins plaisir” permettent de découvrir de très belles notes de fruits. Ils peuvent aussi devenir des partenaires idéaux de certains fromages comme le Bleu des Causses par exemple.
Bergerac rouges : faciles à boire, ces vins sont fins, souples, assez fruités, avec des arômes de fraise, cassis et autre fruits rouges. Il convient de les consommer dans les 2 ou 3 ans.
Côtes de Bergerac : issus des meilleures sélections parcellaires de chaque viticulteur, ces vins bénéficient souvent d’un élevage en fûts de chêne. Ils se révèlent plus complexes et présentent des arômes de fruits confits (pruneaux). Riches en alcool et tanniques, ils atteignent leur plein épanouissement vers 5, 6 ans et peuvent vieillir jusqu’à 10 ans pour les bons millésimes voire au-delà pour les plus grands.
Bergerac rosés : vins obtenus par “saignée” (ou macération courte), ils présentent une délicate couleur saumonée ou bien se rapprocher de rosés clairet avec, dans les deux cas, une belle fraîcheur aromatique. Ils se dégusteront idéalement avec une cuisine estivale.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *